© Valdys Roscoff
La thalasso en Bretagne : 120 ans déjà ! La Bretagne est le berceau de la thalasso en France. On vous dit tout (ou presque) !

La thalasso en Bretagne : 120 ans déjà !

C’est à Roscoff, à la croisée du Léon et du Trégor, que le premier centre de thalassothérapie « moderne » a vu le jour en France en 1899, à l’initiative du Dr Louis Bagot. Entre plages familiales, île de Batz et cité corsaire, la thalasso de Roscoff fête ses 120 ans et avec elle, la thalasso en Bretagne. Allez, on embarque pour une petite virée dans le temps… !

Cap sur Roscoff, terre de thalasso

Le bâtiment surplombe la petite plage de Rockroum, au cœur de la Baie de Morlaix et face à l’île de Batz. Des curistes et des touristes, il en a accueilli des centaines de milliers depuis qu’il existe : pour soulager les articulations endolories, s’offrir un shot d’énergie reminéralisante avant l’arrivée de l’hiver, retrouver sa ligne après l’arrivée de bébé, s’accorder une pause anti-stress quand la vie va trop vite ou que le burn-out menace. Des femmes et des hommes, des seniors et des plus jeunes… Lorsque le Dr Louis Bagot pose ses valises à Roscoff à l’aube du 20e siècle, il est loin d’imaginer qu’il est sur le point de créer une petite révolution sur cette pointe rocheuse, brassée par l’océan Atlantique !

Climat marin et soins d’hydrothérapie

Avant de s’installer en Bretagne, le jeune médecin a pas mal bourlingué : Cochinchine, Guadeloupe, Somalie. Là, déjà, il s’intéresse aux bienfaits des sources d’eaux chaudes sur la santé. De retour en France, le Dr Bagot étudie les pratiques d’hydrothérapie thermale, très en vogue à l’époque, tout en s’intéressant au climat marin, d’une grande pureté et gorgé de bons éléments (iode, oligo-éléments…). A ses yeux, ce bord de mer constitue un véritable aérosol naturel aux effets toniques et stimulants : idéal pour renforcer les défenses de l’organisme et pour soigner l’anémie, l’épuisement nerveux, ou le rachitisme qui frappe de nombreux enfants. Il s’intéresse aussi aux affections rhumatismales chroniques, et puise dans toutes ces connaissances pour imaginer des soins et des protocoles à base d’eau de mer. L’Institut de Rockroum ouvre ses portes en 1899 : il deviendra plus tard la thalasso de Roscoff

Bagotage, douche à jet et sudation…

A l’époque, les cures durent trois semaines et les premiers soins sont plutôt sportifs : bains d’eau froide suivis d’exercices physiques, « bains de vagues », marche dans l’eau de mer à mi-jambes pour stimuler le système circulatoire veineux – le fameux « Bagotage ». Le Dr Bagot installe aussi ses patients rhumatisants dans des baignoires remplies d’eau de mer chaude. Pompée devant le centre, elle est chauffée à 37°C et la séance dure 20 minutes. Exit, les contractures musculaires, douleurs articulaires et autres états douloureux d’origine arthrosique ! La douche à jet est pratiquée pour stimuler des points précis sur la peau et favoriser la circulation sanguine : 7 minutes, pas plus ! La gymnastique comporte des exercices respiratoires et s’effectue en plein air. Pour éliminer les toxines, on s’offre une séance de sudation de 15 minutes dans un caisson en bois chauffé à 70°C : seuls la tête et le cou dépassent. La technique du palper-rouler manuel est inventée à Roscoff en 1933 pour soulager les douleurs lombaires. Très efficace aussi pour déloger cellulite et amas graisseux ! Le repos et l’exposition aux vents et au soleil font également partie de la cure. Bref : les prémices de la thalasso moderne sont posées !

La relève et l’avènement de la thalasso contemporaine…

Après le décès du Dr Louis Bagot en 1941, le Dr René Bagot-fils prend le relais. En 1953, le centre est agrandi et modernisé, avec l’aménagement d’une piscine de rééducation en eau de mer. On y applique aussi désormais des cataplasmes chauds aux algues pour leur effet anti-douleur et décontractant. Ces algues hautement reminéralisantes sont ramassées sur les plages de Roscoff et de la Baie de Morlaix. On ne le sait pas toujours, mais la Bretagne est la première région d’Europe pour la récolte des algues ! Au fil du temps, cette destination pionnière suit les grandes évolutions de la thalasso, ancrée sur sa presqu’île préservée. Désormais, on y vient pour un séjour Minceur, Vitalité, Maman, Zen & Sommeil, Spécial Dos ou Bien Vieillir – une nouveauté 2020 – de quelques jours. Les grands soins de thalasso y sont toujours délivrés : bains hydromassants, douches à jet, enveloppements d’algues, douche sous affusion… Mais comme partout ailleurs, on y vient aussi pour s’offrir un massage du monde, un soin du visage, un atelier de yoga, une séance de fitness ou un soin high tech, le temps d’une pause bien-être ou beauté. Après la cryothérapie ou l’endermologie (aux visées anti-âge et amincissantes), la lumière LED s’installe cette année à la pointe de Rockroum : une « arme » anti-âge, utilisée aussi pour traiter les problèmes de peau (acné, cicatrices, rougeurs, taches, pores dilatés, brûlures, vergetures…), ou soulager tendinites et contractures. A Roscoff, 120 ans après, on n’arrête pas le progrès… !

Bon à retenir

Depuis 1980, la thalasso de Roscoff appartient au groupe Valdys (ex-thalasso.com). Ce groupe familial possède aussi en Bretagne la thalasso de Douarnenez et la thalasso Baie de La Baule à Pornichet. Toutes les deux ont été rénovées récemment, comme la plupart des établissements de la région. Chaque destination a sa spécialité : l’anti-âge à Roscoff et à Pornichet, la santé et le sport à Douarnenez. A vous de choisir !

Quiberon et Saint-Malo, deux autres destinations pionnières

 

1964 : la thalasso de Quiberon ouvre ses portes dans le Morbihan à l’initiative du champion cycliste Louison Bobet. Du jamais vu ! Ce centre de thalasso inédit inaugure une nouvelle génération d’établissements, tels qu’on les connaît encore aujourd’hui, avec l’institut de thalasso dédié aux soins, l’hébergement et la restauration. Depuis, cette thalasso grand luxe a fait de la minceur et du sport sa marque de fabrique. Il s’agit d’une des quatre destinations 5 étoiles de la région avec Les Thermes Marins de Saint-Malo, Le Miramar La Cigale à Arzon, sur la presqu’île de Rhuys, et la Thalasso & Spa Barrière Le Royal à La Baule.

 

1981 : cette année-là, le groupe familial Raulic reprend Les Thermes Marins de Saint-Malo sur le Sillon, face à la mer. L’institut a été créé en 1963 par un médecin rennais, le Dr Heger, au sein du Grand Hôtel. A l’époque, les moyens sont modestes ; les soins durent deux ou trois semaines et ils sont principalement à visées médicales. 1981 sonne l’heure du renouveau. Dans les années 70, Serge Raulic, PDG des Thermes Marins de Saint-Malo, a travaillé aux côtés des frères Bobet avant de diriger la thalasso de Quiberon. Sous son impulsion, le Grand Hôtel est restauré et agrandi pour créer un palace balnéaire et un institut de thalassothérapie entièrement repensé. L’homme est inventif. C’est ici qu’apparaît (en 1987) le premier parcours marin (équipé de jets, de cols de cygne, de buses massantes…), mais aussi les premiers séjours spécifiques (Maman-Bébé, Soins des Jambes…) ou les affusions manuelles. Ainsi est né le n°1 de la thalasso en France !

Le savez-vous… ?

  • Selon la définition officielle, la thalassothérapie est « l’utilisation combinée des bienfaits du milieu marin qui comprend le climat marin, l’eau de mer, les boues marines, les algues et autres substances extraites de la mer ». Autrement dit : sans eau de mer, ni environnement marin, pas de thalasso !
  • Dès l’Antiquité, Hippocrate recommandait les bains chauds d’eau de mer pour soigner certaines plaies. Quant aux bains de boues, ils ont été inventés par les Romains.
  • Les bases scientifiques de la thalassothérapie ont été posées fin 19e, début 20e. Le biologiste René Quinton établit alors que l’eau de mer a une composition chimique

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