© Yannick Derennes
Six espèces animales marines à voir en Bretagne Dans leur milieu naturel et en toute discrétion

Six espèces animales marines à voir en Bretagne

Côtes, baies et archipels bretons sont le repaire de nombreux mammifères et oiseaux marins. Certains, dont le Grand Dauphin, y vivent à l’année. D’autres, comme le fou de Bassan, y font des haltes remarquées. Voici six espèces à approcher en douceur, pour vivre des rencontres émouvantes !

Macareux moine Macareux moine Macareux moine

Le Grand dauphin, emblématique mais sauvage

Un aileron, puis deux, puis trois… Quelle joie de voir les Grands dauphins fendre les eaux bretonnes ! S’il peut parcourir jusqu’à 100 km par jour, ce cétacé à la robe toute grise est de nature sédentaire. Quelque 400 individus vivent dans le Golfe normano-breton et transitent dans la baie du Mont-Saint-Michel, soit la plus grande population d’Europe. Deux groupes ont aussi leur quartier en mer d’Iroise, autour des îles Molène et Sein. On le sait joueur, mais le Grand dauphin reste un animal sauvage qui a ses humeurs. Un coup de queue ? C’est signe d’énervement. En sortie bateau, laissez-le venir à vous de lui-même. Vous croiserez aussi peut-être dauphins communs ou de Risso, marsouins ou, plus rares, globicéphale noir, cachalot et orque.


Le requin-pèlerin, maousse costaud mais fragile

Vos meilleures chances pour rencontrer le requin-pèlerin ? Au printemps ou en été, alors qu’il nage tranquille en surface, non loin des côtes du Morbihan, entre Groix et Ploemeur ou Houat et Quiberon. On peut aussi le croiser près des Glénan ou en mer d’Iroise. Pour le repérer, suivez les « lignes de marées ». C’est là que le requin-pèlerin chasse le plancton dont il raffole. Impressionnant par sa taille, ce requin est des plus inoffensifs et surtout vulnérable. L’espèce est en danger critique d’extinction. Tout comme le requin-taupe qui a fait son retour en Bretagne Nord, au large des côtes du Trégor et autour de Bréhat. Son signe distinctif : sa tache blanche sur son aileron arrondi.

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Le phoque gris, à l’aise dans les eaux d’Iroise

Pelage sombre, c’est un mâle. Robe claire et tachetée, une femelle. Le phoque gris se plait dans les eaux du parc naturel marin d’Iroise où vit la plus importante colonie de France. L’effectif est à son pic l’hiver, pour la mue. Mais on peut l’observer toute l’année. Notamment au repos sur les îlots rocheux de Sein, Molène ou du côté de la pointe de Penmarc’h. Sa position fétiche ? La « banane », tête et queue relevées. Quelques individus sont aussi présents dans l’archipel des Sept-Îles et en baie de Morlaix. Partez à leur rencontre lors d’une rando palmée, au départ de Plougasnou. Magique ! Et ne le confondez pas avec le phoque Veau marin. Plus petit et visible, lui, en baie du Mont-Saint-Michel.


Le macareux moine, vulnérable « Perroquet des mers »

Son gros bec coloré lui vaut le surnom de « Perroquet des mers ». Le macareux moine est un « survivant ». Chasses, marées noires, réchauffement climatique ont largement contribué à décimer l’espèce. Aujourd’hui, seuls 150 à 200 couples peuplent la dernière colonie visible en Bretagne (et en France !), dans la réserve naturelle protégée des Sept-Iles. Emblème de la LPO, cet oiseau marin y revient, chaque année, de mi-mars à mi-juillet, pour s’y reproduire et nourrir son unique petit. Ne manquez pas le créneau ! Vous le verrez alors sûrement voler le bec rempli d’alevins péchés pour son poussin. A terre, sa démarche maladroite et ses multiples mimiques sont… craquantes !


Le pingouin torda, l’un des oiseaux marins les plus rares et menacés de France

Les pingouins volent-ils ? Le pingouin torda, oui… et très bien ! Peureux, il prend même vite la poudre d’escampette si on l’approche de trop près. Bien dodu, bec crochu, costume noir et blanc, cet oiseau marin, parmi les plus rares et menacés de France, a ses habitudes printanières sur les côtes bretonnes. Notamment dans l’archipel des Sept-Îles, où il niche (février à juillet), et en baie de Douarnenez, à l’abri des tempêtes. Sur l’eau, le pingouin torda flotte comme un bouchon. Le bateau reste le moyen le plus efficace pour l’observer. Mais, il se montre aussi dans les ports comme au Conquet. Sociable, il aime la compagnie du Guillemot de Troïl qui, de loin, lui ressemble comme deux gouttes d’eau. Ne vous y trompez pas !


Le fou de Bassan, star de l’archipel des Sept-Îles

En voilà un dont le ramage se rapporte au plumage ! Corps blanc fuselé, tête jaune chamoisée, bec bleu, le fou de Bassan est aussi beau que bruyant… Jugez-en par vous-même en sortie bateau vers la réserve naturelle des Sept-Îles. C’est là, plus particulièrement sur Rouzic, que vit l’unique colonie nicheuse de France de ce géant des mers (1,70 m d’envergure!). De fin janvier à septembre, plus de 20 000 couples y ressoudent leur lien après un hiver d’errance en mer. Lorsqu’il ne se prend pas le bec avec ses congénères sur terre, le fou de Bassan pêche… En posture « Concorde », ailes repliées vers l’arrière, pour mieux plonger tête la première dans l’eau. Impressionnant !

 

Cap sur les 7 îles à bord d’un vieux gréement

Approcher les cétacés de manière écoresponsable

 

Les mammifères marins sont très sensibles au dérangement, et tout particulièrement les duos mère-petit. Privilégiez lors du choix de vos sorties, des prestataires d’observation des mammifères marins qui adoptent des règles simples de non intrusion (vitesse, direction, trajectoire, ainsi qu’une distance d’au moins 100 mètres entre l’embarcation et l’animal) afin de préserver leur quiétude et le maintien de leur santé.

De votre côté, optez pour un comportement responsable à l’approche des mammifères marins :

  • Si les animaux s’approchent d’eux-mêmes, ne cherchez pas à les toucher, directement ou à l’aide d’un instrument, de les nourrir et de nager avec eux : ce sont des animaux fragiles et dangereux pour l’homme ;
  • Profitez silencieusement de vos observations, évitez de crier ou de faire du bruit à l’aide d’objets à bords des embarcations.

Vos observations sont précieuses : si vous naviguez avec votre propre embarcation en Bretagne, pensez à déposer vos observations sur la plateforme Obsenmer. Elles permettent aux scientifiques de compléter leurs connaissances et ainsi de mieux préserver les espèces.

 

Voir la charte Natura 2000 des bonnes pratiques

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